
1851
Mission héliographique
[BNF] La Mission héliographique est née de la rencontre d’un médium encore jeune, en pleine évolution, avide de légitimité artistique et scientifique, et d’un profond mouvement intellectuel et esthétique issu du romantisme, passionné par la découverte et la sauvegarde des monuments anciens et particulièrement médiévaux. Tout se joue précisément dans les premières semaines de l’année 1851. C’est alors que voient le jour la Société héliographique (janvier) et le journal La Lumière (première livraison le 9 février), organes communs de tous ceux qui s’intéressent aux progrès de la photographie. Et c’est alors que la commission des Monuments historiques, créée en 1837 au ministère de l’Intérieur et dirigée par Prosper Mérimée, décide de dresser un vaste inventaire monumental de la France.
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La commission des Monuments historiques confie à cinq illustres photographes l’inventaire. Le territoire est partagé entre Gustave Le Gray, Mestral, Édouard Baldus, Hippolyte Bayard et Henri Le Secq. Ils doivent photographier les édifices d’une particulière importance historique et architecturale ou nécessitant des restaurations urgentes, ainsi que ceux sur lesquels les travaux sont déjà en cours : par exemple le cloître de Notre-Dame du Puy, en travaux depuis un an, ou les remparts de Carcassonne que l’on vient de confier à Viollet-le-Duc, ou encore le château de Blois, où Duban avait mené à bien en 1848 la restauration de l’escalier François Ier. Le Gray devait cheminer de Paris à Poitiers et Mestral d’Angoulême à Clermont-Ferrand, en passant par Perpignan, Albi et Cahors. Chacun avait à sa charge une liste distincte de monuments.
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