

- [Roman Vishniac -autoportrait, 1940]
1897 - 1990
Roman Vishniac
[Wikipédia] Roman Vishniac né le 19 août 1897 à Pavlovsk dans la banlieue de Saint-Pétersbourg et mort le 22 janvier 1990 à New York, est un photographe américain d'origine russe, principalement connu pour son travail photographique sur la culture des juifs d'Europe de l'Est avant la Shoah. L'intégralité de son œuvre est archivée à New York au Centre international de la photographie.
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Pendant son enfance, Roman est fasciné par la biologie et la photographie et sa chambre est remplie de "plantes, insectes et petits animaux". Pour son septième anniversaire, sa grand-mère lui offre un microscope sur lequel il adapte rapidement un appareil photo, photographiant entre autres des muscles d'une patte de cafard grossis 150 fois. Il utilise énormément ce microscope, observant et photographiant tout ce qui lui passait sous la main : insectes morts, écailles, pollens ou encore protozoaires.
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En 1918, la famille Vishniac déménage à Berlin à cause de l'antisémitisme encouragé par la Troisième Révolution russe.
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Dans les années 1930, alors que l'antisémitisme prend de l'ampleur en Allemagne, il fait son fameux voyage en Europe de l'Est, photographiant la culture des milieux juifs pauvres dans les villages des régions montagneuses et les ghettos urbains. Pendant environ 4 ans (la durée exacte est discutée), il voyage entre Berlin et des lieux éloignés, prenant des milliers de photos et vivant avec qui voudrait bien l'accueillir tout en continuant de subvenir aux besoins de sa famille à Berlin.
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À la fin de l'été 1940, Vishniac va à Paris où il est arrêté par la police du maréchal Pétain car la Lettonie, dont il est citoyen, a été intégrée à l'Union soviétique et il est considéré comme « apatride ». Il est emprisonné au camp du Ruchard, un camp de déportation d'Indre-et-Loire. À la suite des efforts de sa femme et de l'aide du American Jewish Joint Distribution Committee, après trois mois, il obtient un visa qui lui permet de s'échapper avec sa famille aux États-Unis via Lisbonne.
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C'est pendant cette période qu'il prend un de ses plus célèbres portraits, celui d'Albert Einstein.
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Quelques années plus tard, il abandonne le portrait et se consacre à la photomicrographie.
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Une fois aux États-Unis, Roman Vishniac essaye désespérément d'attirer l'attention sur le sort des juifs défavorisés en Europe de l'Est.
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Sur les 16 000 photos prises en Europe de l'Est, seulement 2 000 ont atteint les États-Unis. La plupart de ces négatifs arrivèrent cachés par Roman et sa famille. D'autres sont passés en contrebande via Cuba par Walter Bierer, un bon ami. D'après le photographe lui-même : « J'ai cousu certains des négatifs dans mes vêtements quand je suis venu aux États-Unis en 1940. La plupart d'entre eux sont restés à Clermont-Ferrand avec mon père, une petite ville du centre de la France. Il a survécu là-bas, caché. Il a caché les négatifs sous des lattes du plancher et derrière des cadres à photo. »
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Les photos des années 1930 de Vishniac sont toutes d'un style très particulier ; elles sont toutes orientées vers un même objectif : capturer la culture unique des juifs dans les ghettos d'Europe de l'Est, particulièrement les religieux et les défavorisés. Les photos qui ont été publiées se concentrent en grande partie sur ces gens, souvent en petits groupes, dans leur vie quotidienne : très souvent étudiants (en général des textes religieux), marchant (couramment par mauvais temps) et parfois juste assis, fixant l'objectif. Les mises en scène sont sombres : « Il y a difficilement un soupçon de sourire sur le moindre visage. Les regards nous fixent avec méfiance depuis d'anciennes fenêtre à la française et par-dessus des plateaux de marchands ambulants, depuis des salles de classe bondées et des coins de rue dévastés. » Gene Thornton, journaliste pour le New York Times les qualifiait de « [...] sombre de pauvreté et avec la lumière grise des hivers européens. »
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Même en vieillissant, Roman Vishniac reste très actif. En 1957, il est nommé chargé de recherche à l'Albert Einstein College of Medicine et en 1961 est promu au poste de « professeur d'enseignement biologique ». Dans les années 1970 et 80, il devient « professeur Chevron de créativité » au Pratt Institute où il donne des cours sur des sujets comme la philosophie de la photographie.
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