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1924

Violon d'Ingres

[Wikipédia] En référence au passe-temps dans lequel excellait le peintre classique français Jean-Auguste-Dominique Ingres et entré dans la culture française sous le nom de « violon d'Ingres », Le Violon d'Ingres est le titre d'une photographie en noir et blanc réalisée par l'artiste américain Man Ray en 1924. Elle représente le modèle Kiki de Montparnasse, nue, sur le dos de laquelle il apposa par la suite les ouïes d'un violon. 

Cette photographie a été publiée pour la première fois dans le treizième numéro de la revue Littérature en juin 1924. 

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Alors que Man Ray se destine à une carrière de peintre, il découvre au début des années 1900, à New York, la galerie 291, dirigée par le photographe américain Alfred Stieglitz. (...) Le jeune artiste reste longtemps impressionné par le galeriste new yorkais et sa volonté de rapprochement entre photographie et peinture. 

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Dès 1914 Man Ray commence à photographier lui-même ses toiles, après avoir demandé des conseils techniques auprès d'Alfred Stieglitz. Sa pratique de la photographie s'étend alors vers la réalisation de portraits de ses proches, dont le plus célèbre est Marcel Duchamp. 

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Les années 1920 sont pour Man Ray celles de l'exploration des potentialités offertes par la photographie. Il touche enfin à la reconnaissance avec l'exposition de deux de ses photographies au Salon dada à Paris en juin 1921. Ses images, représentant un fouet à œufs et un assemblage de pinces à linge sur une lampe photographique, appartiennent ainsi au mouvement dada et inscrivent pour la première fois son travail dans un contexte artistique international. Il réalise que de l'autre côté de l'océan une communauté d'artistes partage sa vision de l'art : Tristan Tzara dira d'ailleurs que « Dada ne peut pas vivre » à New York. 

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Sa réputation grandissante de photographe de mode ne l’empêche pas d'expérimenter par ailleurs le médium photographique. Dans son laboratoire, Man Ray découvre le photogramme. 

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Man Ray rencontre Kiki de Montparnasse dans un café et lui propose de la photographier. Mais elle, qui pose pourtant pour nombre de peintres, hésite. Dans son esprit, celui de l'époque, la photographie ne fait qu'enregistrer la réalité, différence notable avec la peinture. Man Ray raconte dans son autobiographie qu'il réussit alors à la convaincre en lui disant : « je photographiais comme je peignais, transformant le sujet comme le ferait un peintre ».

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Le Violon d'Ingres représente Kiki de Montparnasse nue de dos. Elle est assise sur ce qui semble être la bordure d'un lit, recouvert d'un tissu à carreaux. On ne distingue pas ses jambes et ses bras sont totalement repliés vers l'avant : seule la courbure des épaules se dessine. Ses hanches sont drapées d'un second tissu qui forme comme une couronne et souligne le bas du dos et la naissance des fesses. Son visage est tourné de trois quarts vers la gauche, laissant entrapercevoir son profil et une boucle d'oreille à pendentif long. Elle est coiffée d'un turban à fines rayures. À la suite du tirage, la photographie a été rehaussée à la mine de plomb et à l'encre de Chine par l'artiste qui a ajouté dans le dos de son modèle les ouïes d'un violon. La lumière vient de la droite et éclaire le dos de façon presque uniforme. Le corps se détache par sa blancheur du fond de la photographie qui est très sombre. Les courbes du corps sont mises en exergue, courbes devenues celles d'un violon par l'ajout des ouïes. 

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La photographie a été rendue publique pour la première fois en juin, toujours en 1924, dans la revue Littérature, fondée par André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault.

Un des tirages d'époque ayant appartenu à André Breton a été acquis en 1993 par le Centre Pompidou, et plusieurs fois prêté par ce musée pour des expositions. Un autre tirage a également été vendu en mai 2022 aux enchères à New York par Christie's, déclenchant un record sur le montant d'achat d'une photographie, 12,4 millions de dollars.

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