

- [Autoportrait en noyé - Bayard]
1840
Autoportrait en noyé
[Wikipédia] (...) Dans les années 1830 à Paris, le milieu intellectuel et artistique est agité par les fameuses expériences menées par Louis Daguerre.
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Comme beaucoup d'autres, Bayard, qui s'intéresse à la peinture, se lance dans l'expérimentation. La première idée de génie de cet homme méthodique consiste à consigner ses avancées dans un cahier d'essais. On peut ainsi suivre sa progression dans la maîtrise de la sensibilité, avec l'apparition de vagues formes qui se précisent d'essais en essais jusqu'à ce qu'on y reconnaisse les statues qui lui servent de modèles.
Bayard invente d'abord un procédé photographique de négatif sur papier. Puis, en mars 1839, il met au point un procédé lui permettant d'obtenir des positifs directs sur papier.
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Un mois avant la reconnaissance officielle du daguerréotype, Bayard a donc déjà une maîtrise suffisante de son procédé pour en faire des démonstrations remarquées. Le 11 novembre 1839, il dépose à l'Académie des sciences, qui l'enregistre, un paquet cacheté « procédé de photographie sur papier ». Mais il est trop tard.
La France revendique pleinement l'invention de la photographie en soutenant haut et fort la paternité de Daguerre, mais le procédé mis au point par Bayard diffère profondément. L'Académie des sciences est embarrassée par cette deuxième invention. François Arago, promoteur de Daguerre et de son procédé, ne l'encourage pas.
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En juin 1839, Bayard reçoit 600 francs de l'État français pour s'équiper en matériel photographique (alors qu'une rente annuelle de 10 000 francs au total est versée à Jacques Daguerre et à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore). En février 1840, il révèle sommairement en quoi consiste son procédé permettant d'obtenir un positif direct dans une lettre à l'Académie des sciences. Mais le daguerréotype est en plein essor, Bayard ne fera ouvrir le paquet cacheté qu'il a déposé en 1839 à l'Académie des sciences qu'en février 1841, à l'occasion d'une dispute de priorité avec Talbot, et son apport reste méconnu.
Bayard décide alors de se noyer, mais uniquement, et c'est là sa deuxième idée de génie, « photographiquement ». En octobre 1840, il se met en scène en noyé sur une photographie au dos de laquelle il écrit :
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En 1840, un an à peine après l'invention officielle de la « photographie », Bayard inventait avec humour la « fiction photographique ».