
1894 - 1985
André Kertész
[Wikipédia] André Kertész naît le 27 mars 1894 dans une famille de la bourgeoisie juive de Budapest, le deuxième de trois fils. Son père est un homme d'affaires. Enfant, il rend souvent visite à un oncle qui possède une ferme près de Budapest, et c'est là, à l'âge de six ans, qu'il découvre de vieux magazines ménagers dans le grenier. Il est immédiatement fasciné par les illustrations (des gravures) et rêve de pouvoir un jour dessiner aussi bien.
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En 1913, il achète son premier appareil photo : un ICA format 4,5 × 6 cm.
En 1914, il sert dans l’armée austro-hongroise. Il réalise alors beaucoup de photographies, témoignant de ses expériences de guerre. Il publie ses premières photos dans un journal et gagne un concours de magazine, mais la plupart de ses négatifs et de ses plaques sont détruits pendant la révolution hongroise de 1918.
Après la guerre, il décide de devenir photographe professionnel et arrive à Paris en 1925, après avoir reçu le diplôme d’honneur de la Société hongroise de photographie. C'est là qu'il change son prénom pour André, équivalent français d'Andor. À Paris, il fréquente et photographie de nombreuses personnalités littéraires et artistiques, comme Brassaï, Colette, Marc Chagall, Emmanuel Gondouin, Michel Seuphor qui lui fait rencontrer Mondrian]. Il y rencontre sa compatriote Rosa Klein, alias Rogi André, photographe comme lui, qu'il épouse en 1925 ; mais le mariage est de courte durée.
De 1925 à 1935, il vend pour vivre des photos ainsi que des reproductions de ses images sur des cartes postales et travaille avec divers magazines. Dès 1927, il réalise ses premières expositions et collabore à la revue Bifur en 1928. Il aide Brassaï à ses débuts dans la photographie.
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Distorsions
En 1933, il réalise une série intitulée « Distorsions » — œuvre marquante dans l'histoire de la photographie — qu'il reprendra en 1984 lors de son séjour à Paris.
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Du fait de la montée du nazisme et de l'antisémitisme en Europe, le couple décide de rester provisoirement à New York. Le début de la Seconde Guerre mondiale compromet le retour en France pour Kertész qui, parce qu'artiste reconnu en France, s'y était vu proposer la nationalité française.
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Après la guerre et en particulier après le décès de son épouse, Kertész revient régulièrement en France où il entretient de nombreuses amitiés, à l'occasion des Rencontres internationales de la photographie d'Arles notamment. De cette période datent les premiers documentaires consacrés au photographe.
La série « Les nouvelles distorsions » est réalisée à l'endroit même où il avait réalisé la série originelle (l'hôtel Esmeralda à Paris) et le mirolège (un film miroir thermorétractable sur châssis en aluminium) est utilisé pour les reflets déformés. Il est assisté durant ces sessions photographiques par Philippe Robert et reçoit le chercheur et critique photo pour Libération Christian Caujolle rencontré auparavant et qui est devenu un des spécialistes de l’œuvre de Kertész.
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En 1982, il reçoit le prix de la Photographie du ministère de la Culture et lègue ses archives à l’État français en 1984. Celles-ci sont conservées par la Médiathèque du patrimoine et de la photographie.
L'œuvre d'André Kertész a eu une influence déterminante sur la reconnaissance de la photographie comme discipline artistique à part entière. Quand en 1919, L'Art vivant écrit une défense de la photographie comme art, c'est avec les œuvres de Kertész comme illustration. Kertész fait de la photographie non pas le reflet du réel, son enregistrement, mais au contraire la matrice de formes nouvelles.
