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Le pictoralisme

[Wikipédia] Le pictorialisme est un mouvement esthétique international qui caractérise la photographie entre la fin du XIXe siècle et le premier tiers du XXe siècle. 

Il suivit la diffusion d'un nouveau procédé photographique dit « à plaque sèche » ou « gélatino-bromure d'argent » inventé par Richard Leach Maddox en 1871, l’enregistrement étant obtenu à partir d’une suspension de bromure d'argent dans de la gélatine. 

Il atteint son apogée à partir de 1890 avant de s'effacer progressivement après la Première Guerre mondiale. 

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Le pictorialisme est le tout premier mouvement de photographie artistique à faire école sur le plan international. On considère que la période d'efflorescence couvre approximativement les années 1889-1914.

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La photographie dite « victorienne » (1840-1880, notamment représentée par Julia Margaret Cameron) pose les bases de la photographie artistique. Le pictorialisme, quant à lui, va réellement revendiquer la position artistique du médium et tenter de faire admettre la photographie parmi les Beaux-Arts. Les photographes formulent donc clairement leurs ambitions esthétiques liées. Le mouvement se positionne également contre le premier appareil Kodak lancé en 1888 par George Eastman dont le slogan publicitaire était « You press the button, we do the rest » (« Appuyez sur le déclencheur, on s'occupe du reste »). 

Les artistes pictorialistes militants comme Alfred Stieglitz à New York et Alfred Horsley Hinton à Londres, souhaitent « dépasser la simple imitation mécanique et stricte de la nature pour ériger la photographie en un art autonome et distinct des Beaux-Arts traditionnels». 

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Les idées pictorialistes sont théorisées par Heinrich Kühn en Allemagne, Constant Puyo et Robert Demachy en France. En l'absence de manifeste réel, l'essai de Robert de la Sizeranne, La photographie est-elle un art ? (article de 1897 dans la Revue des Deux Mondes ; en volume en 1899), devient l'un des écrits fondateurs du pictorialisme. 

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Les expositions et les revues spécialisées ont été le moyen le plus efficace pour diffuser les théories du groupe. En France, Le Monde photographique, la Photo-Gazette, Le Photogramme, La Revue de Photographie ont permis la création de la critique d'art photographique et ont donc participé à la légitimation du pictorialisme en tant que mouvement artistique à part entière. 

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Des expositions avaient lieu dans les galeries des capitales artistiques. Les « salons » étaient calqués sur les Salons de peinture. La première exposition internationale se tient en 1891 à Vienne ; toutes ces expositions permettent les débats sur les possibilités esthétiques de la photographie et donc imposent le médium dans le champ institutionnel des arts. 

Principes

Le pictorialisme souscrit largement à l'idée selon laquelle l'art photographique doit simuler la peinture et l'eau-forte. Il privilégie l'intervention humaine, manuelle-même, dans la création photographique qui, selon eux, est la seule à conférer une valeur artistique à une création technique et chimique. Il s'oppose en cela au courant documentaire. 

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Les pictorialistes s'intéressent plus aux effets esthétiques qu'à l'acte photographique lui-même : 

• effets dans le cadrage, la composition et la lumière ;

• procédés à la gomme bichromatée, au charbon, à l'huile ;

• retouches du négatif ou du médium.

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Plus tard, certains renonceront au pictorialisme pour créer le groupe f/64 qui défend une photographie sans manipulation. 

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 Malgré toutes les théories élaborées dans les revues spécialisées, on ne peut pas définir d'esthétique unique et cohérente ; bien que le pictorialisme soit un mouvement cohérent, les pratiques sont extrêmement hétérogènes. 

Le point commun de toutes les photographies pictorialistes est leur approche esthétisante et poétique de la réalité. La plupart du temps, l'évocation est préférée à la représentation fidèle qui est l'essence même de la photographie. 

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On trouve deux courants de pictorialistes : les partisans de la « photographie pure », plutôt présents en Angleterre comme Peter Henry Emerson, et les adeptes de la retouche sur le cliché, dont Robert Demachy et Constant Puyo. Les manipulations de l'image ont été sujettes à de nombreuses controverses, puisque, à force, il devient impossible de distinguer la photographie des gravures et dessins. Ainsi, pour exemple, de nombreux clichés de Robert Demachy sont retravaillés : l'épaisseur de la gomme bichromatée est grattée à l'épingle et brossée pour donner ces effets de tourbillon dans une ambiance poétique et mystérieuse. 

Les initiatives nouvelles se confrontent au mimétisme.

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Certains critiques sont allées jusqu'à évoquer le « grotesque » de ces images, notamment pour les compositions empruntant à la mythologie et la religion. Ainsi, la Crucifixion de Fred Holland Day a été qualifiée par le critique Charles Caffin d'« entorse au bon goût, et la preuve d'une inqualifiable stupidité ». 

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Alors qu'il nous paraît évident aujourd'hui que la photographie peut être perçue comme un art, ce n'était pas le cas lorsque celle-ci fut créée. Les pictorialistes ont alors ouvert la voie aux photographes du XXe siècle. 

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ouverte à tous, la bibliothèque des hautes lumières est animée par l'association Emulsion et le Minimistan
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