
1944 - 2025
Sebastião Salgado
[Wikipédia] Sebastião Salgado, né le 8 février 1944 à Aimorés au Brésil et mort le 23 mai 2025 à Neuilly-sur-Seine en France, est un photographe et photojournaliste franco-brésilien.
Il a en particulier couvert la famine en Éthiopie et au Sahel, ainsi que le génocide rwandais et illustré la réalité sociale des plus humbles dans le monde. Il est également connu pour ses photographies en Amazonie et sur la mine d'or de Serra Pelada, dans le district de la municipalité de Curionópolis, au sud-est de l'État du Pará, à 430 kilomètres au sud de l'embouchure du fleuve Amazone.
Personnalité reconnue et décorée, Salgado est aussi membre de l'Académie française des Beaux-Arts et membre honorifique de l'Académie américaine des arts et des lettres.
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En 1971, il est recruté par l'Organisation internationale du café (ICO), basée à Londres. Il y travaille jusqu’en 1973, année durant laquelle il change brutalement de carrière. Rétrospectivement, il déclare à ce sujet :
« J'emportais mon appareil photo pour mes enquêtes et je me suis aperçu que les images me donnaient dix fois plus de plaisir que les rapports économiques. Je commençais à voir le monde d'une autre manière, à travers le viseur et par un contact direct avec les gens. En fait, j'ai continué à faire la même chose : dresser un constat de la réalité. »
En 1973, Sebastião Salgado s’intéresse à la photographie en autodidacte. Il intègre successivement les agences photographiques Sygma (1974-1975), Gamma (1975-1979) et Magnum (1979-1994).
En 1984-1985, il part au Sahel et collabore avec Médecins sans frontières. Le livre Sahel, l’homme en détresse, publié par Prisma Presse en 1986, a été vendu au profit de MSF en France.
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Dans le domaine de Bulcão qu'il possède près d'Aimorés au Brésil avec sa femme Lélia Deluiz Wanick Salgado, il a rendu à la nature et reboisé près de 700 ha de terres épuisées par des années d'exploitation. Le couple a pour cela créé en avril 1998 l'ONG « Instituto Terra »[13], qui a trouvé des financements pour cultiver et planter près de quatre millions d'arbres. L'institut propose également des programmes de sensibilisation et d'éducation à l'environnement.
En 2014, Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano Ribeiro Salgado, réalisent un documentaire sur le travail de Sebastião Salgado, Le Sel de la Terre (The Salt of the Earth) qui reçoit le prix spécial « Un certain regard » au festival de Cannes 2014.
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La même année, Sebastião Salgado est officiellement reçu au sein de la section Photographie de l'Académie des beaux-arts qui dépend de l'Institut de France à Paris. Il siège dans le fauteuil qu’occupait Lucien Clergue jusqu’à son décès en 2014. Il est aussi fait membre honorifique de l'Académie américaine des arts et des lettres.
Sebastião Salgado meurt le 23 mai 2025 à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 81 ans[22].
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Controverses. Depuis le début des années 2000, des journaux (dont le New York Times) et l'écrivain Susan Sontag critiquent les photographies de Sebastião Salgado. Le photographe est accusé d'utiliser de manière cynique et commerciale la misère humaine, de rendre belles les situations dramatiques qu'il saisit au risque de leur faire perdre leur authenticité. Dans son ouvrage Devant la douleur des autres, Sontag s'interroge sur « l'inauthenticité du beau et l’esthétisation du malheur » dans l'œuvre de Salgado. « … Je me méfie de la compassion suscitée par des photos et que ne prolonge aucune réflexion. Je crois que la réflexion doit se substituer à l’incantation généreuse, qui n’est souvent qu’un simulacre. »
