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1950

Le Baiser de l’Hôtel de Ville

[Wikipédia] Le Baiser de l'hôtel de ville est une photographie en noir et blanc du photographe français Robert Doisneau. Prise en 1950 à proximité de l'hôtel de ville de Paris, elle représente un homme et une femme qui s'embrassent tout en marchant sur un trottoir encombré de passants, devant une terrasse de café. 

Robert Doisneau passe sa carrière à capturer la Ville Lumière qu'est Paris dans la période de l'après-guerre. Il réalise de nombreux clichés de baisers dont Le Baiser de l'hôtel de ville, peut-être pour redonner un peu de douceur aux Français après la Seconde Guerre mondiale et rappeler que Paris reste la ville de l'amour[1] — même si, à cette époque, la photographie sert à illustrer la presse et les livres, et n'est pas considérée comme une œuvre artistique[2]. 

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La photographie a été réalisée par Robert Doisneau pour le magazine Life qui l'a publiée le 12 juin 1950 au sein d'une série de photographies sur le thème de l'amour à Paris au printemps. C'est une photographie en noir et blanc, technique qui caractérise le travail de Doisneau, choisie sans doute par manque d'argent plus que par souci esthétique. La scène est jouée par deux étudiants en théâtre, Françoise Delbart (épouse Bornet) et son petit ami Jacques Carteaud, alors élèves au Cours Simon. Le photographe les avait repérés dans un café parisien et, les ayant vus s'embrasser, leur avait proposé une séance de prise de vue en pleine rue, moyennant une rétribution de 500 francs. Il fournira d'ailleurs le tirage original à Françoise Bornet après la séance. L'identité des deux protagonistes reste longtemps inconnue du grand public qui s'imagine que cette prise de vue est spontanée.

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Le cliché se retrouve notamment au cœur de deux procédures judiciaires, dont un procès retentissant du vivant de Robert Doisneau. En 1992, le couple Lavergne revendique être les amants de l'hôtel de ville, et réclament 500 000 francs au photographe pour violation de sa vie privée. Ce procès fait ressurgir Françoise Bornet qui se fait connaître de Robert Doisneau et fournit, pour prouver qu'elle est bien l'un des protagonistes, un cliché original, numéroté et estampillé que le photographe avait donné aux amants après la séance photo. Françoise Bornet fait, elle aussi, un procès et réclame 100 000 francs de rémunération complémentaire, ainsi qu'un pourcentage sur les bénéfices commerciaux. Depuis la prise du cliché, les amants se sont séparés. Jacques Carteaud refuse quant à lui de se joindre à la démarche, refusant de « transformer cette histoire photographique en histoire de fric ».

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En 1993, Philippe Delerm s'inspire de la photo pour son roman Les Amoureux de l'hôtel de ville. 

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