

- [Le Gray - autoportrait]
1820 - 1884
Gustave Le Gray
[Wikipédia] Gustave Le Gray né le 30 août 1820 à Villiers-le-Bel et mort le 29 juillet 1884 au Caire, est un peintre et photographe français.
Il est notamment l'auteur de la première photographie officielle d’un chef de l’État français, Louis-Napoléon Bonaparte, avant de devenir le photographe officiel de la famille impériale. Inventeur et artiste, il se distinguait par sa maîtrise de la technique photographique, au niveau de la composition comme au niveau de la lumière. Il introduisit en France l’usage des plaques au collodion humide, permettant des temps de pose rapides.
« J’émets le vœu que la photographie au lieu de tomber dans le domaine de l’industrie, du commerce, rentre dans celui de l’art. »
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Le Gray est d'abord peintre — il expose au Salon libre de 1848 et de 1853 —, mais ses tableaux sont difficiles à tracer.
C’est en effet dans la photographie que sa réputation s’établit et qu’il reçoit ses premières commandes. En 1848, alors qu'il réalise des daguerréotypes, il découvre incidemment le procédé négatif sur papier ciré, puis en 1850, il met au point le négatif sur verre au collodion humide (qui sera perfectionné par Frederick Scott Archer), enfin, l’année suivante, le négatif sur papier ciré sec.
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L’année 1851 est une date charnière pour la photographie et pour Gustave Le Gray. Il est membre fondateur de la Société héliographique — qui deviendra ensuite la Société française de photographie. Il est parallèlement un des cinq photographes sélectionnés par la commission des monuments historiques, pour accomplir ce qui sera nommée la Mission héliographique (Le Gray, Edouard Baldus, Mestral, Henri Le Secq, Hippolyte Bayard). Cette mission qui a pour but le recensement des monuments du territoire national lui offre l’occasion d’expérimenter à grande échelle ses nouveaux procédés et de prouver sa virtuosité en prenant jusqu’à 30 clichés en un seul jour.
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Au début des années 1850, Gustave Le Gray photographiait couramment les apparitions publiques du prince-président. Portraitiste reconnu, auteur du cliché officiel de Louis Napoléon, diffusé après le coup d'État du 2 décembre 1851, il photographie durant l’année 1852 toutes les étapes de la marche vers l’Empire. Pour Napoléon III, la photographie devient un moyen rapide de diffuser l’image d’un souverain moderne.
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Ses œuvres les plus célèbres datent de 1856 à 1858. Sur les côtes normande, méditerranéenne et bretonne, il réalise une série de marines d’une grande beauté. Il utilise la technique « des ciels rapportés » pour donner au paysage l’intensité dramatique qu’il souhaite. À cette époque, il était difficile, à cause des différences de luminosité, de reproduire simultanément ciel et paysage. Le Gray contourne ce problème en réalisant des tirages en deux temps, à l’aide de deux négatifs, l’un pour le paysage, l’autre ensuite pour le ciel, d’où le terme de « ciel rapporté ».
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Mais la disparition de son principal commanditaire modifie la situation et les enfants du marquis de Brigge, nouveaux créanciers de Le Gray s’impatientent des retombées financières attendues de ses succès et celui-ci doit fermer son atelier fin 1859. C’est le moment que choisit Alexandre Dumas pour réaliser son rêve de voyage en Orient. Gustave Le Gray est invité par l’écrivain. À peine le voyage commencé, la prise de Palerme par Giuseppe Garibaldi décide Dumas à rejoindre les révolutionnaires et offre à Le Gray l’occasion d’illustrer les désastres provoqués par les bombardements de l’armée sicilienne. Ses photographies montrent une ville sans vie, devenue silencieuse. La photographie de Garibaldi en révolutionnaire romantique fera rapidement le tour de l’Europe.
À Malte, un différend provoque la séparation avec Dumas et Le Gray, et deux compagnons doivent quitter son navire. Sans revenus, le photographe propose ses services au Monde illustré qui l'envoie en Syrie pour suivre un détachement de l’armée française, il devient reporter de guerre en 1860.
Le Gray, blessé sur la route de Damas, installe un atelier dans les ruines de Baalbeck.
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En 1864, il quitte un peu plus l’Europe en s’installant au Caire où il vit de cours de dessins et de la protection d’Ismaïl Pacha. Au cours des vingt dernières années de sa vie, il continue à photographier. En 1867, à l’occasion de l’Exposition universelle, il envoie des photographies dans l’indifférence générale. Il meurt le 29 juillet 1884 au Caire, quelques mois après avoir pris sa retraite.
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Gustave Le Gray a eu une grande influence sur l’évolution de la photographie vers un « sixième art ». Alexandre Dumas disait de lui : « J’ai compris que le photographe comme Le Gray est à la fois un artiste et un savant ».
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La valeur des œuvres de cet artiste se situait en 2011 à des niveaux de prix extrêmement élevés, notamment en ce qui concerne sa production des années 1856-1858. L’un des dix albums de photographies réalisés en 1857 a été vendu 696 730 euros en 2007, et une vente en 2011 à Vendôme par le commissaire-priseur Aymeric Rouillac avec l'expert Yves Di Maria atteint même le prix record de 917 000 euros pour une marine de 1856-1857 (Bateaux quittant le port du Havre), ce qui fut en 2016 la photographie du XIXe siècle la plus chère jamais vendue aux enchères.