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    [Edward S. Curtis - autoportrait]

1868 - 1952

Edward S. Curtis

[Wikipédia] Le père d'Edward Curtis, Johnson Asahel Curtis, était un vétéran de la guerre de Sécession et un ancien aumônier de l'armée devenu fermier. Il gardera de la guerre une santé fragile. 

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Edward Curtis montre rapidement un intérêt pour la photographie, technique alors émergente, en fabriquant son propre appareil photographique. En 1885, il fut apprenti chez un photographe de Saint Paul. Sa famille déménagera de nouveau à Seattle en 1887 où il exerça à partir de 1891, après la mort de son père, la profession de photographe en studio. 

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Une équipe scientifique qui parcourait les montagnes voisines, séduite par ses capacités de guide et de photographe l'aida à obtenir un contrat qui lui permit de partir en Alaska comme photographe officiel de l'expédition Harriman.

Il commença ensuite l'étude des Autochtones, qui le fascinaient, par un été chez les Indiens des Plaines, accompagné d'un anthropologue. Sa passion ne le quitta pas jusqu'en 1930, date de parution du vingtième et dernier tome de sa monumentale encyclopédie. 

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De 1907 à 1930, eut lieu une véritable course contre la montre. Parmi les tribus qu'il visita : les Kwakiutl sur la côte pacifique, les Comanches, les Apaches et les Crees, dans leurs tipis caractéristiques, dans les Grandes Prairies et au pied des Rocheuses, les Hopis, les Pueblos et autres habitants du Sud-Ouest, les Gens-du-Sang, les Blackfeet et les Algonquins dans le Montana. 

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En fait, il ne s’intéressa guère à ceux qui présentaient des signes trop évidents d’acculturation ; il exigeait de ses modèles une certaine pureté des mœurs. Son projet était soutenu par le grand industriel, financier et philanthrope new-yorkais John Pierpont Morgan et par le président Theodore Roosevelt, pour qui il entendait enregistrer « tous les aspects de la vie dans toutes les tribus demeurées à un stade primitif » afin d'immortaliser ce qui pouvait être sauvé de ces cultures sur le point de disparaître, dans leur forme originelle. 

Une partie de son travail fut publiée dans une somme en vingt volumes intitulée : « The North American Indian », comprenant 2 500 photographies, 4 000 pages de textes, alors qu'au total, Curtis réalisa près de 50 000 prises de vue. Dans ce travail d'une vie, Edward S. Curtis a mis au service de la science ses dons d'artiste, ce qui confère à son œuvre non seulement des qualités ethnologiques, mais aussi artistiques. 

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Son œuvre est un élément majeur de l'histoire des natifs sur le sol des États-Unis, mais elle constitue aussi un évènement et une première dans l'histoire de la photographie.

Ce travail fut exposé au festival des Rencontres de la photographie d'Arles (France) en 1973 : 4e édition.

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On peut dire de Curtis qu'il est l'un des premiers photojournalistes. Cependant, son travail fut assez peu publié dans la presse – il écrivit quelques articles qui rencontrèrent un assez mauvais accueil du fait de son manque de compétences académiques : Curtis ne possédait pas réellement de diplôme et c'était surtout un homme de terrain. 

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La raison pour laquelle on peut s'intéresser à lui aujourd'hui fut la rigueur et la minutie avec lesquelles il travailla toutes ces années : il travailla en s'investissant pleinement dans son projet tout en tâchant de nouer des liens avec les Autochtones rencontrés. Ceux-ci avaient conscience que le travail de Curtis permettrait de faire connaître au monde leurs traditions quand cette génération aurait disparu : ils comprenaient d'autant mieux l'importance du travail de Curtis que leurs cultures étaient essentiellement orales. 

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Un journaliste écrivit : « Il devint un Indien. Il vécut, il parla indien ; il fut une sorte de Grand Frère Blanc. Il passa les meilleures années de sa vie, comme les renégats d’autrefois, parmi les Indiens. Il découvrit d’anciennes coutumes tribales. Il ressuscita les fantastiques costumes d’antan... ». 

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Curtis avait pris conscience de l'importance de conserver une trace des traditions autochtones, tout comme le président Roosevelt, mais pour d'autres raisons. Theodore Roosevelt pensait que la disparition des Indiens se faisait pour le plus grand bien de la civilisation et que leur seul intérêt était leur valeur de document historique. Ceci n'était pas le point de vue de Curtis, même s'il essaya toujours de présenter les Autochtones comme des peuples « intouché » par la civilisation blanche ; il alla pour cela jusqu'à retoucher les photos où apparaissaient des objets non autochtones ou des touristes blancs. Ceci devint rapidement extrêmement difficile : les Autochtones furent durement frappés par diverses épidémies de varicelle et de tuberculose, par la guerre avec les blancs et la réduction progressive de leur territoire. Des agences organisaient des visites touristiques des réserves, dépossédant ainsi les Autochtones de leurs traditions. Les Hopi décidèrent à partir de 1911 de ne plus danser la Danse du Serpent devant des étrangers. 

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