
> Dernière mise à jour :
8 juin 2026 à 14:27:47
Marmites
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Edu Simões
[Edu Simões] Gastronomie pour une journée de labeur
Depuis 2004, j’ai visité plusieurs chantiers à São Paulo. À mon arrivée, je demande aux ouvriers l’autorisation de photographier leurs « marmitas » (repas emballés). Bien qu’affamés, la plupart acceptent patiemment. C’est l’heure du déjeuner et, comme le veut la coutume brésilienne, chaque travailleur a quitté son domicile très tôt le matin, sa marmita à la main. En règle générale, ces repas sont préparés par les mères ou les épouses. Supposons qu’en se levant à l’aube pour préparer ce repas, ces femmes établissent une communication très spéciale avec l’autre. Une nourriture à la fois affective et efficace.
Tout le monde sait que ces paniers-repas contiennent invariablement du riz et des haricots noirs au fond, même si on ne les voit pas. Sur cette base, s’ajoute une « hiérarchie de subsistance », c’est-à-dire une hiérarchie des protéines. Quand un ouvrier ouvre sa marmita devant le groupe et montre qu’il a apporté de la viande, cela signifie que sa situation financière est très bonne. En revanche, s’il a apporté des abats de poulet ou de porc, sa situation est simplement correcte. Mais s’il n’a que des œufs frits dans sa marmita, c’est qu’il peine à joindre les deux bouts. Dans la préparation de chaque marmita réside l’espoir que ce petit récipient rassasiera son propriétaire. Et c’est le cas. Dans la préparation de chaque marmita se joue aussi le pari d’une nouvelle journée de dur labeur.
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Numéro / Exemplaires :
202 / 250 ex
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Edition, année et n° :
2018/1
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Disponibilité éditeur :
Disponible
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Consultation :
Sur demande *
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Rangement :
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Traduction texte par IA :
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Tags :
Edu Simões, Editions Bessard











