
1910 - 2010
Willy Ronis
[Wikipédia] Willy Ronis, né le 14 août 1910 à Paris et mort le 11 septembre 2009 dans la même ville, est un photographe français, lauréat du Grand Prix national de la photographie en 1979 et du prix Nadar en 1981.
Il est l’un des représentants les plus importants de la photographie humaniste française avec Édouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Robert Doisneau, Izis, Denise Colomb et Sabine Weiss. Il définit l'école humaniste comme « le regard du photographe qui aime l'être humain ».
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Willy Ronis découvre la Société française de photographie (notamment les travaux de Brassaï, Pierre Boucher, Rogi André) qui lui ouvre les yeux sur une pratique différente de la photographie que celle exercée par son père dans son studio : une pratique qui met en avant des images vivantes et anti-conventionnelles.
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Ses premiers reportages sont des commandes de la SNCF ou du Commissariat au Tourisme. Avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David Seymour, photographes déjà célèbres. Il a également l’occasion de rencontrer André Kertész, Brassaï et Henri Cartier-Bresson. Mais, par rapport à la vision de ses pairs, Willy Ronis développe une véritable originalité, marquée par l’attention portée à l’harmonie chorale des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires.
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En 1948, c'est une de ses photos les plus célèbres : Marie-Anne (Lansiaux), Gordes. Une série de quatre clichés de sa femme pris après la sieste lors de sa toilette. Un des clichés est publié par l'agence Rapho et connaît tout de suite un important succès, souvent comparé à une peinture de Pierre Bonnard.
Dans les années 1950, Willy Ronis milite au sein du Groupe des XV pour que la photographie soit reconnue comme discipline artistique.
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En 1967, l'Association d'échanges franco-allemands lui passe une commande. Il se rend pour cela en Allemagne de l'Est et y photographie les villes, la campagne, les sites industriels, les gens, les Allemands. Cette commande fait l'objet d'une exposition itinérante qui est présentée, jusqu'en 1974, dans 70 sites en France[14]. Les photos prises en RDA font l'objet d'une nouvelle exposition à Versailles en 2021, Willy Ronis en RDA - La vie avant tout, 1960-1967, accompagnée de la publication d'un catalogue.
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En 1972, déçu, Willy Ronis arrête le photojournalisme et quitte Paris pour le Midi de la France : sa volonté d'exercer un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ses clichés lui vaut une traversée du désert d'une dizaine d'années.
Dans les années 1970-1980, parallèlement à ses activités de photographe, il consacre beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École supérieure d'art d'Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille. Il y crée un cours d’histoire de la photographie. En 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue.
En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar et Guy Le Querrec, Claude Nori publie sa première monographie sur Willy Ronis, Sur le fil du hasard, aux éditions Contrejour. Le livre recevra le prix Nadar et encouragera Willy Ronis à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets.
