
La photographie humaniste
[Wikipedia] La photographie humaniste est un mouvement photographique français qui réunit des photographes ayant en commun un intérêt pour l’être humain dans sa vie quotidienne. Ce courant est apparu en 1930 dans les quartiers populaires de Paris et sa banlieue, et a connu un grand essor entre 1945 et 1960.
La photographie humaniste est liée aux difficultés économiques de l'immédiate après-guerre, notamment en France où les caisses de l'État sont vides et où la reconstruction n'est possible qu'avec l'aide des États-Unis et de leur plan Marshall.
Durant cette période, la photographie humaniste témoigne à la fois des bonheurs simples de la vie mais aussi des difficultés et des injustices.
Parmi les photographes humanistes, on compte une majorité de Français. L'origine du mouvement est liée à la notoriété internationale acquise par certaines œuvres photographiques françaises.
La célèbre photographie de Robert Doisneau, Le Baiser de l'hôtel de ville, publiée dans Life en 1950 à côté d'autres images montrant les amoureux à Paris, est le type d'image qui a contribué à l'élaboration d'une imagerie nationale, attribuant à la France la paternité du mouvement. L'américain Peter Hamilton désignait d'ailleurs Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis comme les trois fondateurs du mouvement.
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Pour les photographes humanistes, l'environnement du sujet a autant d'importance que le sujet lui-même ; ce dernier est donc souvent photographié dans son cadre de vie intime ou en public. Certains lieux comme la rue ou le bistrot sont particulièrement exploités parce qu'ils sont des espaces de liberté et de convivialité.
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Les collaborations entre artistes de différents horizons ne sont pas la seule occupation des photographes humanistes. l'Homme est au cœur des pratiques de la photographie humaniste on le décrit dans son quotidien.
Dans les années 1930, la photographie commence à s'imposer dans la presse illustrée. Cet élan est coupé par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle les activités sont réduites, voire impossibles à cause des pénuries et du pouvoir en place. Dès la fin de la guerre, les photographes sont amenés à couvrir la libération des villes, ou tout simplement à photographier les villes pour témoigner des dommages causés par la guerre. Ainsi, François Tuefferd part dans l'est de la France pour photographier les monuments historiques ou ce qu'il en reste, et Denise Bellon réalise à Moissac un reportage sur les enfants juifs déportés.
En 1950, ce mouvement photographique, qui avait débuté avant la guerre, reprendra son cours avec une nouvelle génération de photographes (Willy Ronis, Izis, etc.). Ces photographes travaillant pour la presse, l'édition et la publicité, sont aussi sollicités pour des campagnes menées par les ministères et différentes institutions françaises.
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Les images des photographes humanistes sont donc présentes aussi bien dans la presse, les publicités, les livres, les expositions que sur les calendriers, les affiches, les agendas, etc. Les photographes humanistes se revendiquent d'ailleurs comme « photographes polygraphes », expression de Willy Ronis qui résume bien la démarche unique de ces photographes dans tous leurs domaines d'activité.
