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    [François Kollar, autoportrait]

1904 - 1979

François Kollar

[Wikipédia] Ferenc Kollár naît en Haute-Hongrie, région de langues hongroise et slovaque alors située en Autriche-Hongrie, dans la ville de Senec, non loin de Presbourg, l'actuelle Bratislava. Sa famille est d'origine modeste.

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En 1923, il est promu et muté à la direction centrale des chemins de fer à Bratislava. Mais il préfère s'expatrier — sans prévenir ses parents, qui cherchaient en vain à le marier — et se rend en France par le train, dont il descend à Paris, gare de l'Est. Il n'a emporté que quelques économies, qui s'évaporent bientôt en frais d'hôtel.

Installation en France

Le jeune homme trouve rapidement du travail aux usines Renault, à Boulogne-Billancourt. Il y est d'abord tourneur, puis ajusteur. Débrouillard, il apprend vite, s'adapte rapidement, progresse notablement en français.

Mais cette vie ne lui convient pas car il rêve de devenir photographe. Il fait plusieurs tentatives d'embauches chez des photographes, qui restent vaines. C'est seulement en 1927 qu'il parvient à se faire embaucher au studio Bernès Marouteau et Cie, spécialisé dans la reproduction d’œuvres d'art, ce qui lui permet de rencontrer de nombreux artistes, notamment le sculpteur américain Jo Davidson.

L'une de ses connaissances, l'illustrateur espagnol Benito, l'introduit chez Draeger Frères, une grande imprimerie parisienne qui cherche à être à la pointe de la technique en matière de graphisme et de publicité. Il travaille au sein de cette société auprès du dessinateur Paul Iribe, avec qui il réalise diverses compositions publicitaires.

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Il entre à l'imprimerie Lecram. Pendant plusieurs mois, il y travaille aux côtés du peintre André Vigneau, qui forme à la même époque Robert Doisneau. Vigneau est le directeur artistique de la société où il a créé un grand studio photographique et où il explore diverses voies comme le dessin animé et le cinéma.

L'année 1930 est des plus fructueuses pour François Kollar. Il publie pour la première fois des images sous son nom, dans la revue suisse Silber Spiegel, puis en avril, Jo Davidson lui demande de photographier certaines de ses sculptures. Kollar n'ayant pas de studio, Davidson lui propose de s'installer dans son propre atelier au 17, rue de la Tour, et lui avance l'argent dont il a besoin pour compléter son équipement.

Il travaille auprès de l'agence Dorland et réalise de nombreuses photographies publicitaires, qui sont publiées dans les magazines L'Illustration, Vu et Vogue. Pour le décorateur Maurice Barret, il réalise pour l'aménagement d'un bureau une grande frise photographique de douze images carrées dont la composition rigoureuse et épurée se marie parfaitement aux lignes du mobilier.

Le jeune homme n'ayant pas les moyens d'embaucher un modèle, c'est son épouse Fernande qui est mise à contribution, et il pose lui aussi sur ses propres images.

De juin à septembre 1930, ses œuvres sont montrées à l'exposition internationale de photographie de Munich, avec celles d'autres photographes de l'avant-garde parisienne dont il fait désormais partie. C'est à cette occasion qu'il reçoit sa première critique : « Un des meilleurs envois de l'exposition de Munich fut incontestablement celui de ce jeune artiste — j'emploie à dessein le mot d'artiste — qu'est François Kollar. Kollar s'est en quelque sorte spécialisé dans les effets de reflets, de transparences ou de translucidités, et de perspectives. C'est dire qu'il a joué la difficulté. C'est dire l'intérêt très vif que présentent ses œuvres ». À la même époque, il expose en Suisse.

En novembre 1930, Kollar peut s'inscrire au registre du commerce comme photographe[1]. 

En 1931, la société Kodak-Pathé lui propose de publier, dans le magazine Le Professionnel Photographe qu'elle diffuse, une publicité pour ses films et papiers de tirage. Onze images sont reproduites en pleine page, dont la qualité révèle la maîtrise technique à laquelle Kollar est parvenu. À la même époque, il est contacté par un ami d'Iribe, Maximilien Vox, qui lui propose, au nom des Éditions Horizons de France, la réalisation d'une grande enquête sur le monde du travail. Elle allait devenir son œuvre principale, La France travaille, résultat de quatre années de prises de vue au cours d'un véritable tour de France.

La notoriété qu'il acquiert à la suite de cet imposant reportage lui permet d'obtenir plusieurs commandes publiques sous le Front populaire et il expose à plusieurs reprises dans des conditions prestigieuses, notamment au Museum of Modern Art de New York.

Parallèlement, il poursuit son activité de photographe de publicité, particulièrement dans le domaine de la mode et des produits de luxe. Il réalise aussi le portrait de nombreuses célébrités : Cocteau, Piaf, Dalí, Trenet, mais aussi la duchesse de Windsor ou le prince de Metternich. En 1937, il réalise la photo publicitaire de Coco Chanel, qui pose pour promouvoir le parfum N°5.

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